LE CARDINAL EMILE BIAYENDA, TEMOIN ET MODELE DE PROPHETE DANS L’EGLISE DU CONGO


L’Eglise du Christ est la communauté de foi qui vit sur la base du témoignage évangélique.  Ce témoignage se présente ici comme moyen efficace ou authentique par lequel il requiert  vivre l’Evangile (Lc 6,47-48). A cet effet, témoigner de l’Evangile en s’appuyant sur le charisme voire le don de la force devient un paradigme important de la vie avec le Christ. Cette attitude  manifeste si bien aux yeux de Jésus, notre Seigneur, un aspect fondamental de l’annonce de la Bonne Nouvelle. C’est donc là un  caractère

quasiment visible qui apparaît sur le témoignage apporté par la Personne du Cardinal Emile BIAYENDA, dans sa vie de pasteur du troupeau de Dieu au Congo Brazzaville. Toutefois, nous lisons à travers l’histoire que diverses épreuves couronnèrent son ministère. Mais, celles-ci ne lui empêchèrent aucunement de brondir son étendard de témoin vivant du Christ Jésus. Dès lors, comment comprendre aux yeux de la chrétienté congolaise, que  cette force du témoignage  soit couverte d’une solidité insondable ? Ainsi, nous tenterons de comprendre cela dans les lignes ci-après.

 

  1. La force évangélique est le signe visible de la rencontre de l’homme avec Dieu.

Dans L’Eglise, la rencontre de Dieu avec l’homme se réalise à travers la Parole de Dieu. Autrement dit, c’est à travers la Parole de Dieu que devient évidente la rencontre de Dieu avec l’homme. En effet, c’est Dieu qui dans sa parole sollicite ou invite l’homme à lui être disponible par l’écoute. Cela dit, c’est à travers cette disposition intérieure ou spirituelle d’écoute en la parole adressée totalement à l’homme, que Dieu entend se donner totalement à lui. Dans ces circonstances, nous pouvons alors comprendre que c’est dans ce contexte d’écoute disponible et humble de la parole de Dieu que le Cardinal Emile BIAYENDA a chèrement reçu le fervent don de la force. Cette rencontre, qui n’est autre que source de toute « métanoïa », lui a permis de prêcher et de témoigner de l’Evangile avec force et sans crainte. Ce faisant, cette rencontre d’où découlait toute la force du Cardinal Emile BiAYENDA a sa source et son sommet dans le Christ, le Verbe de Dieu (Jean 1, 1).

Cela dit, c’est le Christ que le Cardinal Emile BIAYENDA rencontrait chaque fois qu’il décidait de témoigner radicalement de la vérité, c'est-à-dire, la dénonciation des oppressions, des inégalités sociales et ethniques… C’est lui en réalité, qu’il rencontrait à chaque liturgie eucharistique qui d’ailleurs pour l’Eglise et pour lui demeure : « (…) le sommet vers lequel tend l’action de l’Eglise, et en même temps la source d’où découle toute sa vertu »[1]. A ce propos, il nous faut comprendre qu’aucune œuvre dans l’Eglise ne peut se soustraire à cette dimension. Car elle est au cœur de l’action évangélique de tout serviteur de Dieu. De même : «(…) la vie chrétienne est caractérisée essentiellement par la rencontre avec Jésus-Christ qui nous appelle à le suivre »[2].

Pour ce faire, toute rencontre avec Dieu dans le Christ comme pour le cas du Cardinal Emile BIAYENDA ouvre nécessairement à un nouvel horizon de vie. Elle imprime dans le cœur du Serviteur de Dieu une force vitale ou salvifique susceptible de transformer dès ici-bas les relations entre frères et sœurs, amenés à vivre dans la justice, la réconciliation et la paix.

 

 

  1. La force du témoignage comme mode d’habitation de L’Esprit-Saint.

A travers ce point, nous voulons inscrire la force du témoignage du Cardinal Emile BIAYENDA dans une dimension pneumatologique. Cette dimension dont il est question nous porte à entrevoir de manière exclusive, l’action de l’Esprit Saint dans l’agir du serviteur de Dieu le Cardinal Emile BIAYENDA. En effet, L’Esprit Saint est l’une des Personnes divines qui, dans son déploiement dans l’Eglise Corps du Christ, conduit les fidèles et partant tout serviteur de Dieu à la « Vérité tout entière » (Jean 16, 13). Cette vérité peut aujourd’hui se donner à comprendre comme le rappel par l’Esprit Saint, des œuvres du Christ Jésus et l’habilitation par ce même Esprit à témoigner du Christ et de son Royaume. C’est dire que, la force du témoignage du Cardinal Emile BIAYENDA découle de cette présence de l’Esprit-Saint qui prend corps, en chaque serviteur de Dieu appelé au témoignage du Royaume de Dieu. Et de ce fait, nous comprenons fort bien que le Cardinal Emile BIAYENDA agissait en fonction de cette force intérieure de Dieu qui habitait sa personne tout entière.

De plus, le témoignage de vie du Cardinal Emile BIAYENDA se trouve beaucoup plus orienté vers les impératifs du Royaume, à savoir la charité, la force, la vérité…. Car le Royaume de Dieu, qui demeure l’Unique d’ailleurs partagé par le Père, le Fils et l’Esprit Saint, renferme toutes ces vertus. Cela dit, le don de la force dont a témoigné le Cardinal renvoie fondamentalement à ce Royaume du Père, du Fils et de l’Esprit Saint. Telle est donc la dimension importante que souligne la congrégation pour la doctrine de la foi : « (…) Chaque don du Père implique la référence à l’action conjointe et différenciée des missions divines : chaque don vient du Père, par le Fils dans l’Esprit Saint »[3]. Ce faisant, l’Esprit Saint demeure donc la Personne divine qui a aidé le Cardinal à pouvoir sortir des velléités existentielles et charnelles, comme la peur, la résignation devant les arrestations et incarcérations répétées des événements de jadis. Ainsi, il faut dire que la présence de l’Esprit Saint l’a préparé au don total. Car à mesure qu’il assumait la souffrance dans sa chair mais aussi dans son âme, il avançait progressivement vers cette destinée du don total et parfait à l’image du Christ, Bon Pasteur.

 

Somme toute, il sied de relever que le témoignage rendu par le Cardinal Emile BIAYENDA se trouve enraciné dans la Parole de Dieu. C’est cette Parole, faite chair en Jésus Christ, qui a nourri en lui le don de la force intérieure pour être capable de témoigner, dans la fermeté, la solidité et la vérité, les exigences du royaume de Dieu. C’est pourquoi, nous osons croire aujourd’hui que la vie dans et selon l’Esprit a été chez lui la source de toutes convictions, morales, sociales, ethniques et religieuses. Dès lors, tout pasteur du Christ, à l’exemple du Cardinal, se doit de témoigner de la Parole de Dieu : « (…) sans s’écarter ni à droite ni à gauche » comme l’affirme le livre du Deutéronome (Dt 6,32). Toutefois, de par son témoignage le pasteur du Christ ne s’échappera pas des obstacles ou des difficultés qui oseront assurément empêcher son ministère, qui est en même temps celui du Christ Lui-même dans ce monde.  Ainsi, celui-ci est appelé humblement à exercer son ministère dans la perspective de la foi en Jésus Christ qui a vaincu le monde et toutes sortes d’entraves temporelles liées à la vie humaine.

 

                                                                                 Abbé Priva MOUANGA

                                                                             

Notes:

[1] Concile Vatican II, Constitution sur la Sainte Liturgie, Sacrosanctum concilium, Médiaspaul, Kinshasa, n° 10

[2] Pape Benoît XVI, Exhortation apostolique post-synodale, Verbum Domini, Médiaspaul, Kinshasa, n°72.

[3] Congrégation pour la doctrine de la foi, Lettre Iuvenescit  Ecclesiae, sur la relation entre les dons hiérarchiques et charismatiques pour la Vie et la mission de L’Eglise, n° 11

© 2020, Archidiocèse de Brazzaville - Paroisse Jésus Ressuscité et de la Divine Miséricorde - pjrdm20@gmail.com - BP: 2187